cruas 2
15 septembre 2007
 



COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE
DROME-ARDECHE-GARD - BURKINA

CRUAS 2 15 septembre 2007

Présents :
Alain Lamblard " Partisans Ardèche Burkina " Mireille Meille " la Colombe ", Monique et P. Bertaud " les amis de Kanchari "Michel Estran " ASU ", Jo Goni, Isabelle Riafo, Brigitte Peillon Jérémie Koudougou " Teelgo ",Yvon Arnaert " le désert refleurira ", B et G Sordoillet, Nicole Bilot, Xavier Grossin, Gérard Defranschetti " Yayika " Awa Burlet, Janine Chalavon, " Teriya ", Alain Friedel " Activ Tiis la Viim ", Claudette Haond, Dany et Jacques Riou, Robert Boutier, Joël Vivion, R. Dorel, Jean Louis Yabré " Amitié Cruas-Zidré " Edgard Privat Jacques Courtin " AFDI ", Michel et Michèle Dalan " Vie et Partage ", Jacques Dallard, " CCFD ", Thierry Sciari " Respublica ", Nicolle Laurent et Gérard Cossavella " Kouminto ",Mamounata Ferrari " Assaut le Faso ", Jean Lichou " Microfel, " René Billaz " AVSF ", Philippe Lhoste "AVSF ", Pierre Bamony, Jacqueline Pestre, " Camélia ", Dr Marcel Venet " Hôpital du Puy ", Julie et Marie Françoise Descamps " SIM ", Pierrette Sorbier , Isabelle Rixte, Brigitte Peillon, Jérémie Koudougou "Teelgo "

Excusés :
Pierre François Prêt de " Terre et Humanisme ", Jean Loireau " Appel Drôme, " Thomas Granier " La voüte Nubienne ",Ino Canadas " Activ " Brigitte Raynaud " Peuples Solidaires ",Patrice Pellizzari " Le sel et le riz " Sophie Balent " A travers les montagnes ",Simone Lugbull " Entr'aide Dédougou ", Jacques Bastide " Comit de Jumelage de St Nazaire ", Georges Ballade " Prommata ",Michel Valla " Song Coomba " Laure Flandin " Yam Daa Bo " Michèle Chiotti " Toega ", Claudine Rouby " La Colombe " Dr Monique Braquet " Camelia " 15 associations

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Notre collectif D.A.G - BURKINA regroupe maintenant 58 associations. Cette 2eme réunion a réuni 46 personnes, dont 21 associations, dans la salle de la filature à Cruas prêtée par la Mairie que nous remercions.
Cette journée avait pour but de reprendre la réflexion déjà amorcée le 28 avril sur les actions entreprises par ce collectif, pour ensuite mettre sur pied des actions communes

Merci au CDTM34 qui nous a fourni sur place une documentation RITIMO à acquérir ou à acheter.

La rencontre s'est déroulée de la façon suivante :

9h.30 Intervention de quatre personnes pendant la matinée

- Informations de la plate forme multi fonctionnelle par Jacqueline Pestre
- Conclusions de René Billaz sur le récent voyage qu'il a effectué dans 15 villages
- Connaissances sur le Moringa oleifera par Jean Lichou
- Echecs et succés en matière de partenariat Nord Sud par Pierre Bamony , professeur de philosophie et anthropologue

12h30 Buffet campagnard , avec apport de chaque participant, le vin, le pain, le café étaient fournis par l'association Cruas-Zidré

14 h Quatre groupes de travail se sont constitués sur les thèmes
- Education
- Santé
- Maraîchage et petit élevage
- Partenariat

Sont présentées en annexe les communications du matin et les conclusions des quatre groupes de travail, à savoir .
1°) Jacqueline Pestre : plate-forme multi fonctionnelle
2°) Conclusions de la mission au BF de René Billaz
3°) Problèmatique Développement Rural et Education au Sahel (René Billaz)
4°) Jean Lichou : Le Moringa oleifera
5°) C.R groupe Education
6°) C.R groupe Santé
7°) C.R groupe Agriculture
8°) CR groupe Partenariat

En conclusion, d'une façon générale les associations participantes ont apprécié la possibilité qui leur a été offerte de mieux se connaître et de pouvoir échanger sur leurs pratiques. Elles ont manifesté de l'intérêt pour réfléchir aux méthodes qui leur permettraient de mettre en œuvre les synergies qui pourraient résulter de démarches communes, par exemple :

1°) - Création d'un site web commun qui pourrait être organisé à partir des informations disponibles d'intêrêts commun, ainsi que d'un portail commun où chacun pourra ajouter et demander des informations, Le Dr Michel Dalan propose de s'en occuper

2°) Il est envisagé d'organiser d'ici la fin de l'année un atelier thématique concernant
- l'éducation (alphabétisation, éducation primaire et secondaire, cantines scolaires, fournitures scolaires, livres….)
- Suivant la demande, des ateliers sur la santé, le développement agricole pourront être organisés (voir Jacqueline Pestre)

3°) Plusieurs associations ont déjà manifesté le désir de mettre en œuvre des projets locaux de développement du petit élevage. (voir René Billaz)

Propositions pratiques
Lors de nos voyages, il a été suggéré qu'une petite visite dans les villages voisins que nous parrainons serait bienvenue pour créer des liens d'amitié, avoir une meilleure connaissance des activités des uns et des autres, et permettrait aussi de ramener des nouvelles en France


INFORMATIONS GENERALES

Dates des prochaines manifestations :
27 septembre : Pièce de théâtre tirée du livre de P. Rabhi à Privas
13 octobre à Pont St Esprit marché africain, organisé par l'association " La Colombe " exposition- vente (contacter C.Rouby 06.08.17.75.03) et animation par 12 artistes du groupe WECRE-THEATRE . Le but du groupe est la sensibilisation dans les villages dans les domaines de la santé, de l'éducation de l'environnement…A 16h : Débat : " L'aide humanitaire, qu'attend réellement l'Afrique de nos associations ? "
20 octobre : " Soirée Cabaret " consacrée aux chansons françaises à 20h30 à Etoile/Rhône organisée par " Vivre et partage " Prix 20€ ( 04.75.01.51.80 )
24 et 25 novembre : Forum d'aide au développement pour l'Afrique à Privas organisé par Images et Paroles d'Afrique à Privas www.ipa-festival.info

Dates de départs connues pour le Burkina :
19 sept - 18 oct : Brigitte Raynaud " Peuples solidaires "
24 oct- 7 nov : Claire Cirey
30 oct - 19 nov : convoi par terre
5/11 - 5/12 : Monique et Pierre Bertaud
28 nov - 19 déc : Dany Riou + 3 autres personnes " Cruas-Zidré "
novembre : AssociationCamélia
novembre : ACTIV
5 déc - 20 déc : Jacques Courtin + 3 autre personnes " AFDI "
Décembre : association Yayika Solidaires

ERREUR Le prix du billet par AIR-ALGERIE est de 451€ (pris à Ouaga) et non de 295€
Agence de Ouaga Mr Abdoullah Simporé 00.226.50.31.23.01

Achat de grillage à Ouaga :
Le rouleau de 25m en 1.50m = 25.000cfa Mr Emmanuel Ouedraogo 00.226.78.82.47.10 oue_b_emmanuel@hotmail.com (c'est oue_b_emm…) fixe : 50.43.17.34 Association Espérance et Vie Comblée Possibilité de prix de groupe

Container
- Transhuma prépare un container pour le 15 janvier : 230€ le m3. AU dessus de 5m3 le camion vient chercher et livrer sur place en France puis au Burkina
www.transhuma.org
- Fraternité Chrétienne Euro Africaine 01.34.75.67.41

Informations à Ouaga : Centre A. Schweitzer www.ceas-ong.net
PROCHAINE RENCONTRE LE 29 MARS 2008 à CRUAS
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Intervention de Pierre Bamony, anthropologue
Mon intervention a eu pour objet l'analyse des écueils, quasi inévitables, lorsque des personnes de cultures différentes se rencontrent ; d'autant plus qu'il s'agit de personnes qui ont partagé une histoire inverse l'une de l'autre (anciens colonisateurs et anciens colonisés). A cet effet, j'ai commencé par indiquer que je ne viens pas parler de l'Afrique en général, comme mes pairs anthropologues africanistes ambitionnent toujours de le faire dans des interventions publiques comme celle-ci ; mais de faire voir comment, en vertu des écueils d'un côté comme de l'autre, il y a eu des échecs de quelques associations au Burkina Faso. En effet, si l'on doit s'interdire de parler des Africains comme s'il s'agissait de membres d'un même et seul pays, cela tient au fait qu'il s'agit d'un continent de 30 millions de km 2, composé de plus de 56 pays très différents les uns des autres tant par les peuples que la géographie (physique, économique etc) et de quelques dizaines de milliers de peuples etc. Déjà dans un même pays, comme le Burkina Faso, il y a des peuples très différents les un des autres.
Dès lors, chercher à connaître, voire à comprendre la singularité des populations auprès desquels ou avec lesquels l'on travaille facilite grandement les choses. C'est pourquoi, en insistant sur l'échec de quelques associations qui oeuvrent en ce pays, j'ai souligné deux aspects essentiels : d'une part, le fait que certains créateurs d'associations dont la finalité est d'apporter quelques conforts à des populations locales, par la réalisation de mini-projets, oublient cet aspect essentiel en usant de leur structure comme d'un moyen pour exercer quelque pouvoir tant en France que sur place au Burkina Faso. D'autre part, les populations qui sont généralement engagées à travailler sérieusement en vue de la réalisation complète de projets qu'on leur propose, sont souvent frustrées par l'appropriation des fonds nécessaires à cet effet par des intermédiaires. Le pire parmi eux sont ceux qui sont installés dans les villes en vendant leurs savoir-faire aux associations suite à une certaine expérience comme employés dans des associations. D'autres sont dans les villages même et agissent souvent à l'encontre de l'intérêt général, celui des membres de leurs communautés.
Au vu de tous ces faits observés par moi-même pendant des années pour le compte de diverses associations françaises au Burkina Faso, j'ai proposé, dans des initiatives de toutes sortes dont le but est d'apporter ou, plutôt, de partager quelque chose avec des populations, de se passer autant que se faire des services des intermédiaires.
Il faut faire confiance aux populations en attente de quelque chose si l'on parvient à agir et à établir des relations transparentes avec elles. Lorsque les choses sont clairement entreprises sur la place publique et dans la transparence, il devient quasi impossible pour quiconque de tenter d'user du bien commun apporté de l'étranger ; notamment par quelque membre de la communauté. Car tout ce qui se fait, même dans le plus grand secret se sait chez ces populations. Et tel est l'un des aspects fondamentaux (fort bien méconnu) des cultures de ces peuples.
J'ai terminé mon intervention en citant quelques passages du livre de Bill Clinton, Donner- Comment chacun de nous peut changer le monde-, (Odile Jacob, 2007). Je me contenterai ici de citer un seul passage. Il s'agit d'une réponse d'Oprah Winfray, vedette de la télévision américaine qui utilise sa notoriété pour collecter des fonds afin d'aider les plus démunis aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, qui fait la remarque suivante : " les grandes joies de [sa] vie […] Je suis ravie de pouvoir aider les autres, mais il faut bien admettre qu'ils m'apportent bien davantage "(p.35).


Annexe 1

LA PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE


Ce projet soutenu par le gouvernement et le PNUD est destiné aux 5 régions les plus pauvres du Burkina dont voici les coordonnées des responsables :
Boucle du Mouhoun : Grégoire Tapsoaba : 50.52.10.52 cacocades@fasonet.bf
Centre Ouest : Louis Ouedraogo :50.44.08.53 cac.centreouest@yahoo.fr
Est et Centre Est : Honoré Bonkoungou courrier@tintua.org
Nord : Liseta Mondé 40.55.02.92 fugn@fasonet.bf

- Il est destiné aux femmes et consiste à installer l'énergie dans les villages grâce à un moteur diésel.
- Ce moteur diésel fait fonctionner d'autres modules tels que décortiqueuse, moulin à pierre, moulin à meules métalliques, concasseuse, chargeur de batterie, poste à souder, décorticage, soudure, charge de batterie, réseau d'électricité ou d'eau….
- L'installation et la maintenance peuvent être assurés par le secteur privé local
- Le coût estimatif est de 4.000.000cfa qui permet d'acheter 4 modules de base et la participation demandée aux femmes est de 10 à 15% plus la construction d'un hangar pour les machines

Quel cheminement pour cette acquisition ?

1°) demande écrite du groupement des femmes auprès de la CAC (Cellule d'Appui Conseil)
2°) Pré étude de la CAC : situation géographique, motivation, nombre d'habitants ….
3°) Décision du village qui s'engage dans le processus d'acquisition
4°) Etude de la CAC de la faisabilité participative
5°) confirmation du bureau de la plate-forme ou pas
6°) formation des femmes responsables de la gestion de la plate-forme (entre 7 à 9)
7°) installation
8°) suivi- évaluation

Cette plate-forme permet :
- l'amélioration des performances scolaires des filles qui sont plus libres
- l'amélioration de la qualité de la vie
- une augmentation des bénéfices grâce aux services offerts par la plate-forme
- une fréquentation plus grande au centre d'alphabétisation
L'objectif du programme est la mise en place de 400 plates-formes d'ici 3
Ans
Jacqueline Pestre

René Billaz
Pt d'AVSF

PRINCIPALES CONCLUSIONS DE LA
MISSION EFFECTUEE AU BURKINA FASO
EN JUILLET 2007
Rappel des objectifs
Décidée à la suite de la rencontre de Cruas d'avril 2007, organisée à l'initiative de Jacqueline Pestre, cette mission était destinée à examiner sur place, avec les intéressés, la possibilité de développement du petit élevage (volailles, petits ruminants) pour soutenir économiquement les activités de caractère social (éducation et santé) des OSIL (organisations de solidarité internationale locale*) qui le souhaitaient.
* dénomination proposée

Déroulement
Du 12 au 30 juillet, la mission nous a conduit
Dans la Province du Boulgou (Région Centre Est), dans les villages de Moaga, Zidré et Zilga -Koulpélé,
Dans la Province du Boulkiendé (Région Centre Ouest), au village de Nanoro
Dans la Province du Sanguié (Région Centre Ouest), au village de Goundi
Dans la Province du Passoré (Région Nord), au villages de Boulma
Dans la Province du Yatenga (Région Nord), dans les villages de Karma, Sabouna et Bidi ; rencontre également avec l'AFBO (Association des Femmes Burkinabés de Ouahigouya)

On a par ailleurs :
rencontré le responsable du Centre d'accueil de collégiens de Nouna (Province de Kossi)
visité l'orphelinat de Réo, pour prendre connaissance des conditions de culture de Moringa oleifera connu pour ses remarquable propriétés nutritionnelles et vanté pour ses propriétés thérapauthiques.
visité la ferme pilote de Guié, le Centre de formation et d'échanges de Kokologo et le jardin expérimental et école du CEAS à Goumtoaga, pour leurs activités en matière d'agroécologie.

NB : La logistique de cette mission a été grandement facilitée par la mise à disposition gracieuse d'un véhicule tout terrain et d'un chauffeur par l'Association " Réseau MARP Bukina ", partenaire d'AVSF.

Réponse à la question initiale
Il s'avère que tous les villages visités ont manifesté un vif intérêt pour le développement du petit élevage, particulièrement les groupements de femmes ; c'est également le cas de l'AFBO.
La mise en oeuvre de cette option passe par deux étapes :
L'élaboration d'un projet, prenant en compte la situation existante, les demandes formulées, les capacités d'appui vétérinaire contractuel, les pratiques alimentaires et les conditions de marché. AVSF et son partenaire burkinabé (le CEFRAP) ont une longue expérience de l'élaboration de ce type de projet dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Burkina Faso. Pour être viables, ces projets locaux doivent concerner un effectif minimum de familles - ou de groupements féminins - ce qui correspond à quelques villages géographiquement proches. Cette élaboration a un coût (le CEFRAP est un Bureau d'études privé), de l'ordre de 800 Euros pour une semaine, la durée moyenne d'élaboration et de mise en forme de ce type de projet.
Le financement du projet (son coût peut être évalué sur la base de 100 Euros par famille bénéficiaire par an ; durée moyenne souhaitable : quatre ans). Deux sources de financement sont envisageables : (i) dans les Provinces du Passoré et du Yatenga, par le projet PDRD/FIDA, qui relèvent de sa zone d'intervention ; (ii) ailleurs, par le PAFASP, fonds créé par le Gt burkinabé pour le développement de certaines filières, dont le petit élevage familial. Dans les deux cas, nous nous sommes assurés que des projets locaux de cette nature sont recevables : il s'agit de projets subventionnés à hauteur de 90 %, les 10 % restant constituant la contribution des bénéficiaires.
NB : pour bénéficier de l'économie d'échelle nécessaire à l'élaboration et au financement de ces projets, les OSIL opérant dans le même secteur géographique ont intérêt à adopter une démarche commune.

Observations complémentaires

Relevant du développement agricole :

Le maraîchage est une activité couramment pratiquée, susceptible d'une contribution très significative aux ressources alimentaires et monétaires. Malheureusement, elles sont le plus souvent conduites dans des conditions peu satisfaisantes, pour des raisons d'ordre hydrologique (fonctionnement défectueux des retenues d'eau, assèchement prématuré des puits) et agronomiques (mauvaise qualité des composts, successions culturales inadaptées, sur-consommation d'eau). A court terme, l'amélioration des composts et des successions culturales est facilement envisageable grâce à des sessions de formation bien adaptées : une semaine en internat à proximité de Ouahigouya ou de Koubri ; son coût est de l'ordre de 80 Euros par bénéficiaire par semaine.
L'amélioration du fonctionnement hydrologique des retenues relève d'une expertise qui n'est pas facilement disponible, et la question des économies d'eau à l'arrosage (goutte à goutte adapté aux conditions paysannes) est encore à l'étude.

Relevant des activités des OSIL

La générosité dont témoignent les réalisations en matière de santé, d'éducation et de développement agricole, qu'il s'agisse de dons ou de bénévolat, est impressionnante : la majorité des OSIL rencontrées disposant en France d'un réseau dense de donateurs et de bénévoles, ce qu'on pourrait appeler le tissu social de la solidarité internationale est d'une qualité probablement sous évaluée par l'opinion et les pouvoirs publics.

Le nombre de villages burkinabés bénéficiant de l'appui d'OSIL françaises est certainement très élevé (entre les seuls trois départements de l'Ardèche, de la Drôme et du Gard nous en avons dénombré une quarantaine), on peut espérer des synergies importantes résultant de la mise en commun d'expériences, de la capitalisation - avec des institutions burkinabés compétentes - des réussites, de l'économie d'échelle pour l'élaboration de projets...

Les actions conduites en matière de santé et d'éducation apportent un complément précieux aux politiques publiques, et il est remarquable de constater que des instituteurs de l'Education nationale ont été affectés dans les écoles construites par les OSIL visitées, ainsi que des agents de santé dans les CSPS. Il n'en reste pas moins que certaines pratiques en matière de médicament p.ex. (choix, gratuité, conditions de vente..) ne sont pas toujours conformes aux procédures officielles (génériques, ventes). Par ailleurs, les activités de développement des OSIL sont rarement inscrites dans les plans des CVGT (maintenant CVD). D'une façon générale, les OSIL pourraient bénéficier d'échanger sur les relations qu'elles entretiennent avec les pouvoirs publics et les collectivités territoriales (ces dernières de création récente, comme on sait).


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RENCONTRE DU COLLECTIF le 15 MARS A CRUAS


Présents : Philippe Lhoste, René Billaz, Moussa Baldé, Marc Vernier, Jacques Courtin, Jacqueline Pestre, Bertrand Martinet, Catherine Durand, Dany Riou, Gérard Joyeux, Jacques Riou, Fousséni Konaté
Excusés : Thierry Sciari, Gérard Cossavella, Monique Braquet, Jean Loireau, Yves Joubin, Yvon Arnaert, Ino Canadas, Jean Perrin, Jean Schnorf

I Atelier " Petit Elevage " de 9 à 12h

- développer les bonnes pratiques en élevage avicole villageois
- comment aborder les aspects institutionnels et financiers du montage de projets par R. Billaz


Après un rapide tour de table où chacun se présente, Moussa Baldé , nous donne son témoignage

. Moussa Balde (Avsf en fin de formation au Ciedel à Lyon) rappelle d'abord les objectifs du projet élevage en Casamance, au Sénégal, où il a travaillé :
- Améliorer le service de proximité en santé animale,
- Favoriser et intensifier l'intégration agriculture/élevage par la formation et la démonstration pratique,
- Dynamiser et renforcer les filières de production animale,
- Appuyer l'organisation de la profession d'éleveur,
- Valoriser et gérer durablement les ressources naturelles.

Il rappelle la place importante des volailles dans les familles rurales :
- rôle social et micro-économique important,
- source de protéine de qualité, proche et accessible (œufs, viande de volaille).
Un débat se développe sur le " tabou de l'œuf " dont il ressort que celui-ci est variable selon les régions et que ces questions évoluent vite avec la scolarisation des enfants, l'urbanisation, etc.

Il présente ensuite la démarche mise en place pour l'aviculture au Sénégal (voir annexe jointe) :
- Demande des éleveurs au projet Avsf,
- Première visite (animatrice),
- Enquête sur place puis approfondissement par l'équipe projet, définition des responsabilités respectives, avec le groupement concerné (groupement de femmes),
- Mise en place d'un poulailler de démonstration et formation des femmes avec, participation des éleveurs, appui technique et financier d'Avsf,
- Suivi technique et économique d'Avsf.

Deux femmes par groupement sont formées et l'accent est mis sur la santé animale (prophylaxie des principales maladies), l'aménagement et l'équipement des poulaillers, l'alimentation des volailles… Un fond de roulement pour les médicaments de base est constitué. Des visites périodiques de l'animatrice soutiennent le groupement débutant.
Le poulailler de démonstration permet aussi la diffusion de volailles améliorées (coqs raceurs). Le coût du soutien de l'opération serait de l'ordre de 50000 CFA (soit 76 €) pour un poulailler de démonstration : construction du poulailler, petit matériel, menuiserie, médicaments et quelques aliments. Les volailles pour le démarrage sont apportées par les femmes du groupement (2 volailles par familles).

Ce modèle " simple et robuste " d'amélioration de l'aviculture villageoise a fait ses preuves dans divers pays (Avsf).

2. René Billaz qui a déjà rendu compte de sa mission de juillet 2007 (Voir CR de Cruas 2, 15 septembre 2007), nous fait part de ses réflexions sur le montage institutionnel et la recherche de fonds.
- Il insiste sur la nécessité de disposer d'une expertise sur place pour l'étude du projet. Le CEFRAP (bureau d'études privé, à Ouagadougou, partenaire d'Avsf) peut jouer ce rôle.
- Il recommande alors de regrouper des initiatives dans une même zone géographique pour effectuer des économies
d'échelle,
- Il indique qu'un financement du gouvernement burkinabé est mobilisable à cet effet, à travers le PAFASP (Programme d'Appui aux Filières agro-sylvo-pastorales. Il affirme que les projets locaux de cette nature, portés par des OSIL (organisations de solidarité internationale locales) peuvent être financés à 90 % par cette voie,
- Il suggère, enfin de se regrouper également en France (par département) pour tenter de mobiliser des fonds des conseils généraux en appui à l'élaboration de tels projets.

Lors du débat, d'autres modalités d'échanges et d'appui, à l'intérieur du collectif, sont évoquées, telles que :
- des échanges d'informations, d'expériences et de documents de base,
- le recours à des personnes ressources (d'Avsf, par exemple) pour des questions spécifiques : soins, alimentation,…
Philippe Lhoste


13 à 14 h : apéritif-buffet offert par la Municipalité

II atelier " EDUCATION " de 14 à 17.30h

Présents : Philippe Lhoste, Denise Gaillard, Dany Rtiou, Jacqueline Martinet, Odette Roffin, Bertrand Martinet
Fousséni Konaté, Pierre et Monique Bertaud, René Billaz, Amadou Bancé, Jacques Riou, Jacqueline Pestre


Pierre Bertaud expose le système éducatif au Burkina

La constitution du Burkina stipule :

a) Tout citoyen a droit à l'instruction
b) L'enseignement est public et laïc
c) L'enseignement privé est reconnu
d) La loi fixe les conditions de cet exercice.

Loi d'orientation de l'éducation au Burkina (1996)
a) l'éducation est une priorité nationale
b) l'obligation scolaire couvre la période d'âge de 6 à 16 ans
c) aucun enfant ne doit être exclu du système éducatif avant l6 ans révolus dès lors que les infrastructures, les ressources humaines et la réglementation scolaire en vigueur le permettent
d) les langues d'enseignement sont soit le français, soit les langues nationales
e) l'éducation non-formelle s'adresse à toute personne désireuse de recevoir une formation dans une structure d'éducation non scolaire

La conférence internationale de JOMTIEN (1990) insiste sur
a) le droit à l'éducation pour tous sans discrimination (sexe, race, religion..)
b) le droit à l'équité
c) l'importance de la réussite des apprentissages
d) la nécessité d'élargir les moyens de l'éducation fondamentale
e) le renforcement des partenariats

La conférence internationale de DAKAR (2000) souligne l'importance de
a) l'éducation au cours de la petite enfance (préscolaire)
b) l'enseignement de l'hygiène
c) l'éducation des filles et des femmes
d) l'alphabétisation des adultes

le PDDEB (Plan décennal de développement de l'éducation de base) a pour objectif de porter à 70% le taux de scolarisation et de hausser à 40% le taux d'alphabétisation en 2010

Le 18 septembre 2007 : lancement de la campagne d'information de communication et de levée de fonds pour l'alphabétisation et l'éducation non-formelle et lancement officiel de le distribution gratuite de manuels scolaires


MOYENS

Les outils de cette ambition contrôlé par l'inspection de l'enseignement du 1er degré sont :
a) les écoles bilingues
b) les écoles franco-arabes
c) les centres Bissongo centres d'alphabétisation des petits (éducation sanitaire)
d) les classes à double flux (1 maître, 2 groupes dans la même journée)
e) les classes multigrades (3 classes à 2 niveaux, ex CP1/CP2)
f) les écoles satellites en zone rurale (CPI 80% CP2 60% CE1 20% de langue vernaculaire )

Education non formelle
a) CEBNF pour jeunes ruraux de 10 à 15 ans
b) CPAF alphabétisation et formation
c) CENEF éducation de base de 10 à 15 ans
d) CPJA jeunes agriculteurs

Système formel
a) enseignement du premier degré du CP1 au CM2 sanctionné par le CP (examen d'entrée en 6e)
b) enseignement post-primaire sanctionné par le BEPC (examen d'entée en 2e)
technique qui débouche sur un CAP
c) enseignement secondaire sanctionné par le BAC
d) enseignement supérieur : Université de Ouaga, Institut Polytechnique de Bobo, Ecole normale de Koudougou

REALITES

a) manque de moyens matériels, financiers et humains,
b) inadaptation des programmes et des pratiques pédagogiques
c) absence d'achèvement des cursus (déperdition, abandon)
d) manque d'intérêt porté au grand nombre d'analphabètes

Le droit a l'éducation est compris d'avantage comme un idéal que comme une obligation. En conséquence l'obligation scolaire n'est exigible que lorsque les ressources le permettent et les résultats s'en ressentent.
Au plan national, les langues locales sont considérées comme un facteur de division et de maintien dans le sous-développement alors que la langue nationale est considérée comme un facteur d'intégration nationale, d'ouverture sur le monde extérieur, d'accès à la modernité.

Le taux d'achèvement des études primaires (garçons 28.5% et filles 21%) reflètent l'incapacité du système à s'adapter à la diversité des situations .

Familles nombreuses, polygamie, taux de fécondité élevé, revenus insuffisants : c'est dans ce milieu qu'on trouve le plus de personnes de 14 à 45 ans jamais scolarisées ou jamais alphabétisées. Or ce n'est que par la scolarisation qu'on pourra faire évoluer ce milieu vers des conditions de vie plus acceptables.

Les propositions sont :
a) développer les initiatives locales
b) généraliser les cantines scolaires
c) construire des écoles de proximité
d) inciter les parents à scolariser leurs filles
e) développer le secteur non-formel
f) développer l'usage de la langue locale
g) rappeler au gouvernement ses engagements solennels


" L'école ne peut plus continuer de faire des fonctionnaires de tous ceux qui la fréquentent, mais elle aura toujours pour mission d'aider le gens à mieux vivre " Ziba Tiassay


Intervention de Monique Bertaud qui nous parle de la bibliothèque installée par les amis de Kantchari.
Les livres demandés en grande partie par les enseignants ont été achetés à Ouaga à la Librairie Diacfa (50.30.65.47) diaclbp@fasonet.bf . Le dictionnaire universel francophone vivement conseillé coûte 12.96€. L'Atlas du Burkina Faso Editions jeune Afrique, ainsi que les panneaux de sciences naturelles et les cartes de géographie ont été très appréciés.
Pour les livres de bibliothèque, elle conseille deux associations professionnelles en France
Culture et développement 9 r de la Poste à GRENOBLE 04.76.46.80.29 nord.sud@culture-developpement.asso.fr
www.culture-developpement.asso.fr
La joie par les livres 25 Bd de Strasbourg PARIS 01.55.33.44.70 interculturel@lajoieparleslivres.com www.lajoieparleslivres.com . Edition intéressante de la revue annuelle Takam-Tikou , résultat du travail de 70 établissements francophones : prix 15€
Association Planète des Jeunes pour les abonnements de revues Planète enfants (8-14 ans) Planètes Jeunes (15-25 ans)

Les catalogues 2007 Hatier international et Edicef seront à votre disposition le 29 mars à Cruas


Intervention de Issifou Konaté instituteur burkinabé qui a travaillé pendant 10 ans au Burkina et qui nous fait part de ses difficultés et de la réalité du terrain.


Le GREF (Groupement des Retraités Educateurs sans Frontières) représenté par Jacqueline Martinet et Odette Roffin est une association de solidarité internationale composée de 700 membres issus de l'éducation.
Le GREF intervient en France et dans plusieurs pays dans les domaines de la petite enfance, de l'école primaire, secondaire et les Universités ainsi que dans le soutien aux actions de développement
Le GREF collabore à des projets de l'élaboration à l'évaluation dans les domaines éducatif, culturel et social afin que les populations deviennent le véritable acteur de leur développement

Présentation d'une action au Togo suivie par Jacqueline Martinet .
Après avoir construit pendant 10 ans des écoles au Togo, l'association Aide et Action s'aperçoit que la construction des écoles ne suffit pas à améliorer l'efficacité de l'institution scolaire (seulement 10% des élèves entrant au CP parviennent au CEP). A sa demande, le GREF fait une étude de faisabilité qui montre que les causes de l'échec sont en relation avec
a) l'absence de motivation des élèves qui ne savent pas pourquoi ils sont à l'école
b) l'inéquation des contenus enseignés et les besoins des individus
c) l'incohérence entre les programmes, les instructions officielles et la pratique pédagogique quotidienne

Le GREF élabore un projet qui a pour objectif de :
a) former un noyau d'enseignants volontaires capables de mettre en œuvre dans leur classe des techniques pédagogiques mieux adaptées aux besoins des individus de la société togolaise.
b) collaborer à la mise en place et au développement d'un mouvement pédagogique capable d'assurer la co-formation de ses membres et de faire connaître ses réalisations
c) influencer la formation des maîtres et la pratique pédagogique de l'ensemble des enseignants togolais par la démonstration qu'une autre pédagogie est possible


Jacqueline Pestre


Compte tenu du nombre limité de participants à cette rencontre, il est suggéré d'en partager les conclusions à la prochaine réunion plénière de Cruas (29 mars 2008) et de poursuivre les échanges en atelier avec tous ceux qui sont intéressés par ces sujets.