C.A.S.E BURKINA
MORINGA

Compte-rendu de la rencontre sur les journées promotionnelles du MoringaMoringa

Dépliant de l'association Microfel sur l'utilisation du Moringa en cuisine. Vous y trouverez de délicieuses recettes Moringa

APPUI A LA CULTURE DU MORINGA

 

Résultats partiels de l'étude de faisabilité de l’ajout de poudre de feuille de Moringa dans la recette MISOLA Moringa

rencontre thématique

composition des feuilles de moringa

photos INO CANADA
ATELIER : QUEL POTENTIEL DE DEVELOPPEMENT POUR LES PRODUITS DU MORINGA ?

État des connaissances et identification de projets

CONTEXTE

Moringa oleifera et les autres espèces de moringa sont des arbres à usages multiples résistants à la sécheresse, originaires d'Inde (M. oleifera) et d'Afrique (M. stenopetala, etc.) Ces arbres sont faciles à multiplier par semis et par bouturage et certains, comme Moringa oleifera, ont une croissance très rapide et fructifient dès la première année.

Les graines des différentes espèces de moringa sont connues pour leur capacité à clarifier les eaux turbides, une propriété qui permet de traiter l'eau de boisson, les eaux usées et les effluents d'usines. Cette propriété, due à une protéine qui a été isolée et identifiée, suscite un intérêt considérable auprès des industriels et des organismes de développement. Les graines de moringa peuvent en effet remplacer les floculants minéraux, tels que le sulfate d'alumine, ce qui comporte des avantages importants pour les pays du Sud (économie en devises, disponibilité en zone rurale, valorisation locale d'un produit agricole) comme pour ceux du Nord (pas de largage d'aluminium dans l'eau de boisson, biodégradabilité des boues d'épuration).

L'huile de moringa est comestible et son extraction commence à être promue par des ONG en Afrique, où beaucoup de pays manquent d'huiles alimentaires. De grands raffineurs européens tels que Jan Dekker et Aarhus s'intéressent à l'huile de moringa, en tant que matière première de l'industrie cosmétique. A Madagascar, des plantations de Moringa drouhardii endémique ont récemment été mises en culture par une entreprise privée pour produire de l'huile destinée à une société cosmétique française. Comme le tourteau issu de l'extraction d'huile a une capacité de floculation intacte, une double valorisation est possible.

Moringa oleifera est aussi une plante vivrière : en Inde, il est cultivé pour la production de ses longues capsules vertes en forme de haricot, qui sont cuisinées comme des légumes. Ces fruits sont exportés frais ou en conserve dans tous les pays où il existe une communauté indienne expatriée. Au Sahel, les feuilles de M. oleifera sont consommées comme légume. Au Niger, des plantations intensives irriguées ont été établies par les agriculteurs pour répondre à une forte demande locale. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de moringa sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes. De nombreuses ONG promeuvent la culture de moringa et la consommation de ses feuilles pour lutter contre la malnutrition des mères et des jeunes enfants ou contre la cécité due à des carences en vitamine A.

Les nombreuses utilisations économiques du moringa et la facilité de sa propagation ont suscité un intérêt international grandissant pour cet arbre. Les espèces de moringa, et en particulier M. oleifera, sont de plus en plus utilisées dans les projets de développement liés à l'alimentation, la santé et l'environnement. Des entreprises privées commencent à valoriser certains de ces produits. De nombreuses recherches sont également en cours au sein d'institutions du Sud et du Nord. Les connaissances sur le moringa commencent à être suffisamment nombreuses et poussées pour que cette espèce joue un rôle économique important dans certains pays du Sud. Dans ce contexte, il s'avère nécessaire de réunir les personnes et organismes déjà actifs afin de mieux orienter les recherches, projets de développement et activités industrielles en cours et futurs.

OBJECTIFS

L'objectif de cet atelier est de permettre aux acteurs impliqués dans la "filière Moringa" d'échanger et d'approfondir leurs connaissances sur cet arbre et son potentiel au niveau de la production, de la transformation et de la commercialisation. Beaucoup de données sont disponibles dans différents pays du monde mais insuffisamment connues et trop dispersées au sein d'ONG, d'entreprises ou d'instituts de recherche qui n'ont pas les mêmes réseaux de communication. Cet atelier veut mettre un accent particulier sur les mécanismes d'échange d'information à mettre en place au niveau national, régional et international.

L'atelier a pour objectifs spécifiques de :

* favoriser la valorisation des expériences acquises sur les différents produits issus du moringa;

* identifier les contraintes existantes en matière de commercialisation et les besoins prioritaires pour les pays du Sud pour mieux développer l'exploitation des produits du moringa;

* inciter à la formation de partenariats et à la définition de projets communs ou coordonnés dans le domaine de la recherche et de l'exploitation agro-industrielle entre les opérateurs économiques du Nord et du Sud.

RÉSULTATS

Cinq types de résultats sont attendus de cet atelier.

* Réunion et synthèse critique des connaissances existant dans le monde sur le moringa, ses produits et leurs applications.

* Mise en relation de personnes et institutions issues de différents continents et appartenant à des secteurs communiquant peu entre eux : entreprises privées, ONG, instituts de recherche, institutions publiques.

* Identification des priorités d'action pour améliorer l'exploitation des produits du moringa.

* Constitution de partenariats entre secteurs d'activités et disciplines autour de ces actions prioritaires.

* Diffusion d'un document synthétisant l'état des connaissances sur le moringa et son potentiel, les questions restant à résoudre, les actions prioritaires à engager, les acteurs clefs dans le monde, leurs activités, comment les contacter.

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CR de la rencontre thématique :

Le MORINGA oleifera, l'arbre du paradis : Azantiiga, en mooré

avec Armelle de Saint Sauveur, ingénieur agricole, docteur en géographie tropicale, directrice de l'association Moringanews.

Cruas (07) le 19 avril 2008

Objectif : répondre aux attentes de beaucoup d'associations qui avaient manifesté leur intérêt pour cette plante et désiraient en savoir plus sur ses propriétés et ses utilisations.
Participants : 25 associations présentes (voir en annexe la liste des participants).
Déroulement : présidée par Jacqueline Pestre (Camélia Burkina) et animée par Jean Lichou (Microfel), la réunion a permis de prendre connaissance :
" des différentes caractéristiques du Moringa oleifera et des propriétés attribuées aux différentes parties de l'arbre, par Jean Lichou, ingénieur horticole, président de l'association Microfel.
" des actions en faveur du développement du Moringa Armelle de Saint Sauveur, ingénieur agricole, Docteur en géographie tropicale, directrice de l'association Moringanews.
" De l'utilisation du Moringa en complément alimentaire à l'orphelinat de Réo au Burkina Faso créé par Françoise Coste, infirmière.
Les diaporamas présentés par Microfel et Moringanews sont disponibles auprès des institutions correspondantes (voir leurs adresses de courriel en annexe). Celui présenté par Françoise Coste ne sera transférable par internet qu'après compression
Elle s'est poursuivie par des discussions et échanges d'expériences sur les utilisations diverses du Moringa à échelle familiale et locale par les populations : usages médicinaux ; propriétés nutritionnelles, préparations culinaires ; conditions de culture, modes de plantation ; purification de l'eau par floculation...
Ont ensuite été abordées les questions relatives à la diffusion des connaissances disponibles à travers les radios locales et le réseau Moringa au Burkina, ainsi qu'à divers conseils et renseignement pratiques concernant la fourniture de graines et de plants ainsi que le conditionnement et la conservation des produits.
Principales informations
Très largement présent dans les savanes africaines (son introduction d'Inde remonte à plusieurs siècles), le M.oleifera est connu de nombreuses populations sous des noms locaux très variés. Il est malheureusement en voie de disparition sous la pression de la déforestation et du bétail. Il ne semble pas qu'il ait été largement cultivé, ses multiples usages n'étant pas connus de tous.
Ses remarquables propriétés nutritionnelles sont mises en valeur sous des formes très diverses, dont l'utilisation des feuilles comme complément pour les bébés (voir l'expérience de Françoise Coste au Burkina) et la fabrication de farines torréfiées en mélange citée par Armelle Saint Sauveur au Bénin). Il existe déjà un marché important dans plusieurs pays : Bénin, Togo, Ghana en particulier) ; dans ce dernier pays, le prix moyen du kilo de graines se situe à 6€, pouvant atteindre jusqu'à 40€,.
Ces propriétés représentent une aide potentielle importante pour l'alimentation du bétail, (usage proche de celui de la luzerne) mais on dispose de peu de références à ce sujet.
Encore présent dans certains jardins de case, le M. oleifera est actuellement cultivé en plantation au Bénin, Togo et Ghana. Au Bénin (Parakou), il fait l'objet d'une gestion agro-forestière très prometteuse, qui permet de récolter environ 200 kg/ha de poudre de feuilles séchées, vendue aux hôpitaux ; au Togo, en plantation pure (densité de +/- 10.000 pieds / ha), il fournit une récolte de 600 à 1.700 kg /ha (de graines ??) vendues aux dispensaires et sur les marchés. Au Sénégal, une tentative de production commerciale de feuilles à usage fourrager, fournissant 5T de poudre /ha, a réussi techniquement mais échoué économiquement (Le marché visé, aide alimentaire aux camps de réfugiés n'ayant pas été conclu avec la FAO ; système de production à prix de revient élevé). De sévères attaques de ravageurs ne sont pas exclues.
Au Burkina :
. A Boussouma, Province du Boulgou), l'Association Solidarité Naa-digré a promu la production individuelle dans les jardins de case, en réalisant des chantiers écoles de boisement. Il s'agit du projet de pépinière à Yakala Nord, dont le responsable est Placide Sékoné ethno-pharmacologue. Le projet concerne les 16 villages de la commune de Boussouma L'objectif est de planter 56.500 plants soit un plant par habitant - 26.000 - à l'orée de 2011. Coût du projet : 6.082.279 Cfa (motopompe, grillage, âne, charrette, arrosoir, brouettes........)
. Une plantation a été créée récemment à Yaika par Ino Canada. A Réo, la " Case d'accueil " de Françoise Coste en cultive quelques ares en plantation à haute densité et irrigation goutte à goutte. Un réseau " Moringa " a été créé à l'occasion d'un atelier qui a eu lieu en 2007 à Koudougou, avec l'appui du gouvernement.
Conclusions, recommandations et perspectives
Il est conseillé dès à présent aux ASI intéressées de promouvoir des semis familiaux de M.oleifera de façon à disposer, à domicile et à moindres frais, des compléments nutritionnels nécessaires. Armelle de St Sauveur dispose de fiches illustrées pour sa plantation, son entretien et son utilisation. On peut se procurer des semences auprès de l'ASI créée par Joël Vivion au prix de 20.000 Cfa le kg (une graine pèse environ 0,2 g soit 4 à 500 graines pour 100g). Des graines sont également disponibles à la vente au CNSF (Centre National des Semences Forestières à 18.000cfa 50.35.61.11 - 50.35.80.13) et chez quelques producteurs. Au Burkina, dans le cadre du réseau " Moringa ", il serait utile d'envisager un voyage de rencontres paysannes au Bénin et au Togo, voire au Ghana, et d'étudier les conditions de diffusion par les radios nationales et locales.
Les responsables du collectif DAG et du site " Moringanews " vont se concerter pour définir les conditions de mise en ligne, sur internet, les informations disponibles, voire un service de " questions-réponses ". Des échanges existent déjà, accessibles en s'inscrivant à la mailing-liste sur le site Moringanews.
En matière nutritionnelle, on voit ainsi s'ouvrir une aire " post-Spiruline " où des compléments nutritionnels de qualité pourront être produits à moindre frais, en conditions de culture et de production plus faciles dans les milieux paysans. Les contraintes techniques etla maitrise de l'eau sont beaucoup moins fortes. En matière d'élevage, il serait utile de faire une synthèse des connaissances disponibles.
Annexes
Le Moringa oleifera : quelques données essentielles
Le Moringa oleifera : propriétés
Liste des participants à l'atelier
CR Atelier Koudougou 07 IX 07

Pour en savoir plus : on trouve des références d'articles spécialisés dans le diaporama
et sur le site " moringanews "

René Billaz - Jean Lichou


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COORDONNATRICE : Jacqueline Pestre : jac.pestre@wanadoo.fr